Violences sexistes et sexuelles: définitions



LE SEXISME REGROUPE DES CROYANCES ET DES COMPORTEMENTS QUI TENDENT A STIGMATISER OU DELIGITIMER LES FEMMES ET LES HOMMES EN RAISON DE LEUR SEXE

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L’agissement sexiste se définit comme "tout agissement lié au sexe d'une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant."

Le sexisme se manifeste sous des formes variées, plus ou moins explicites. Sont considérés comme sexistes certains actes physiques (attouchements, viols, féminicides etc.), certains actes verbaux (sifflements, insultes à caractère sexuel etc.) et certaines normes sociales (devoir être viril pour les hommes, être tempérée pour lesfemmes etc.)

Les 3 Typologies du Sexisme au Travail :


1.Le Sexisme « Bienveillant »
Principe : Basé sur l'idée que les hommes et les femmes ont des rôles "complémentaires", ce qui maintient en réalité un déséquilibre.
Exemples : Propos paternalistes ou infantilisants ("ma mignonne", "les poupées"), compliments déplacés sur le physique lors d'un échange professionnel, ou valorisation de compétences prétendument "naturelles" (ex: "une femme est plus à l'écoute pour les RH").

2.Le Sexisme Masqué
  • Principe : Traiter un sexe de manière défavorable de façon volontairement camouflée ou "humoristique".
  • Exemples : Blagues sexistes sous couvert d'humour ("les hommes ne peuvent pas faire deux choses à la fois"), répartition des tâches selon les stéréotypes (demander systématiquement à une femme de faire le café ou le compte-rendu), ou l'exclusion (ne pas inviter à une réunion importante).
3.Le Sexisme Hostile
Principe : Une attitude négative explicite, visible et souvent intentionnelle de mépris.
Exemples : Couper systématiquement la parole, dénigrer les compétences d'une personne en raison de son sexe ("elle est trop sensible pour ce poste de direction"), ou faire des remarques culpabilisantes sur les obligations familiales ("tu prends ton après-midi ?" lorsqu'un salarié part à 17h).



Cette pyramide illustre la logique d'escalade : plus on tolère les comportements à la base (les blagues et remarques jugées « anodines »), plus on crée un terrain favorable aux niveaux supérieurs, jusqu'aux infractions les plus graves.



L’agissement sexiste, ou sexisme ordinaire:

correspond à tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant («Ca va ma jolie ? », « Vous n’allez pas porter ça toute seule, un garçon costaud va vous aider »). Selon une étude publiée en 2016 par Conseil Supéroeur de l'Egalité Professionnelle, 51% des femmes ont ressenti une mise à l’écart lors des temps collectifs professionnels de par leur statut de femme (on vous demande de faire le café, on vous coupe la parole, on vous a oubliée ou exclue d’une réunion).

Le harcèlement sexuel:

est défini par des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste répétés qui, soit portent atteinte à la dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent une situation intimidante, hostile ou offensante. Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d’user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle. Le harcèlement sexuel peut consister en un harcèlement environnemental ou d’ambiance, où, sans être directement visée, la victime subit les provocations et blagues obscènes ou vulgaires qui lui deviennent insupportables. En France, une femme sur 3 déclare avoir déjà fait face à du harcèlement sexuel dans le cadre de sa vie professionnelle (IFOP 2018)]. En sciences, c’est une sur deux ()« Harcèlement sexuel et sexiste au sein du monde scientifique », IPSOS 2023)!

L’agression sexuelle:

correspond à toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise.

Le viol:

correspond à tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit ou tout acte bucco-génital, commis par violence, contrainte, menace ou surprise. 9% des femmes en France déclarent avoir déjà eu un rapport sexuel “forcé” ou “non désiré” avec quelqu’un de leur milieu professionnel (IFOP pour la Fondation Jean Jaurès, Les violences sexistes et sexuelles en Europe, 2019).

Chiffres clés

Près de 1,4 million de femmes ont déclaré avoir subi des ou sexuelles hors cadre familial en 2021. Parmi elles, seules 2% des victimes ontporté plainte auprès des forces de l’ordre (enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS))

D’après l’Association française des managers de la diversité,77 % des femmes salariées déclarent être “régulièrement confrontées au sexisme au travail”. Chez les moins de 35 ans, ce taux monte à 86 %.Le rapport 2025 du Haut Conseil à l’Egalité souligne que les violences sexistes et sexuelles perdurent et sont mêmes perçues comme en hausse, notamment dans le monde du travail. Il indique aussi que le travail demeure l’une des sphères privilégiées du sexisme, aux côtés de la vie politique et familiale.

A consulter: Résultats du baromètre sur le sexisme ordinaire au travail Édition 2023

Violences sexistes et sexuelles à l'école

Le ministère de l’Education nationale et le ministère de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations ont publié pour la première fois le 28 janvier 2026 les données concernant les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire, issues d’un travail conjoint entre l’Observatoire national des violences faites aux femmes et la DEPP, le service statistique du ministère de l’Education nationale.
Les résultats montrent que les violences sexistes et sexuelles apparaissent dès l’école élémentaire, s’intensifient à l’adolescence et touchent davantage les filles à mesure que l’âge et le niveau scolaire augmentent.

En CM1-CM2, filles et garçons, sont exposés aux violences sexuelles dans des proportions comparables : 15 % des élèves déclarent avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes et 8 % avoir été embrassés de force au moins une fois au cours de l’année scolaire.

Au collège, 15 % des filles et 12 % des garçons déclarent avoir été exposés à au moins une forme de violence sexuelle. Ces faits ne sont donc en rien des faits isolés, ils touchent tous les élèves, filles comme garçons, à tous les âges et dans tous les établissements qu’ils soient publics ou privés sous contrat.

L’adolescence apparait comme un véritable point de bascule. Les inégalités face aux violences à caractère sexuel se creusent au lycée, où les filles sont très largement sur-représentées parmi les victimes. Cet écart s’accompagne d’un sentiment d’insécurité plus marqué, notamment aux abords des établissements scolaires et dans les transports. Les violences ont des impacts directs sur la scolarité : 1 lycéenne sur 10 déclare s’être déjà absentée de son établissement par peur au moins une fois au cours de l’année scolaire.


Dans l'Enseignement agricole:

L’enquête "Climat scolaire, expérience et justice scolaires et victimations", menée par la Direction générale de l’enseignement et de la recherche auprès des apprenants en 2022, met en évidence, de la part de maîtres
de stage ou d’apprentissage pendant les stages et les PFMP :

  • 2 % de surnoms désagréables ou blessants ;
  • 5,2 % d’insultes et 3,5 % d’agressions en raison de la couleur de la peau ou de l’origine ;
  • 8,7 % d’insultes et 5,5 % d’agressions en raison de la religion ;
  • 6,7 % d’insultes et 7,8 % d’agressions de manière sexiste ;
  • 2 % de comportements déplacés à caractère sexuel ;
  • 2,2 % de violences à caractère sexuel
  • 7,1 % d’agressions pour des raisons anti-LGBT.